Aspirer (verbe)
Définition de l'Académie française (éd. 1986)
| Verbe |
XII e siècle, au sens de « envoyer son souffle vers ». Emprunté du latin aspirare, « souffler vers, inspirer ».
I. V. tr.
1. Attirer l'air extérieur dans ses poumons. Aspirer un bol d'air frais.
2. Absorber par voie buccale. Aspirer un jus de tomate à l'aide d'une paille. Aspirer la fumée d'une cigarette.
3. Élever ou attirer en créant un vide partiel. Les pompes aspiraient l'eau de la cale. Les poussières du tapis ont été aspirées.
4. Accompagner d'une forte expiration l'émission de certains phonèmes. Une lettre aspirée ou, subst., une aspirée. Les aspirées allemandes. En français, le « h » initial dit aspiré se borne à empêcher toute liaison et toute élision.
II. V. intr. Être porté par ses désirs vers un but, un objet. Aspirer à une retraite paisible. Aspirer à la perfection, aux honneurs. Il n'aspire qu'à vous plaire.
Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)
| Verbe |
Attirer l'air extérieur dans ses poumons, par opposition à EXPIRER. "Aspirer une grande quantité d'air. Aspirer l'air à pleins poumons."
Il se dit, par extension, de l'Action par laquelle une pompe attire, élève l'eau en faisant le vide. "Le tuyau de cette pompe aspire l'eau avec beaucoup de force."
En termes de Grammaire, il signifie Prononcer plus ou moins fortement de la gorge. "L'H dit aspiré en français s'aspire rarement et indique plutôt le manque de liaison."
Au figuré, il est intransitif et signifie Tendre vers, porter ses désirs vers un objet. "Aspirer aux honneurs. Aspirer à un emploi, à une dignité, au commandement. Il aspirait au pouvoir. Aspirer au trône. Aspirer au ciel. Il aspire à se distinguer dans son état. Il n'aspire qu'à vous plaire. Je n'aspire qu'à vivre tranquillement."
Dictionnaire d'Emile Littré
| Verbe |
1 Attirer l'air dans ses poumons. Aspirer l'air. Le poumon qui aspire et expire l'air. Le cheval aspire l'air de ses larges naseaux.
LAMART.: « Et chaque souffle enfin que j'exhale ou j'aspire »
Absolument. Aspirer avec force. Les oiseaux boivent en aspirant.
2 Élever l'eau en faisant le vide. Cette pompe aspire l'eau avec beaucoup de force.
3 Terme de grammaire. Prononcer de la gorge. Aspirer l'h.
Absolument.
D'OLIVET: « Aspirer, suivant le Dictionnaire de l'Académie, c'est.... »
4 Avoir le désir de. Aspirer à la royauté, à régner, aux honneurs. Il aspire au premier rang.
CORN.: « Quiconque, après sa mort, aspire à la couronne »
CORN.: « Et monté sur le faîte, il aspire à descendre »
CORN.: « Nous devions
CORN.: « À de plus grands honneurs faut-il qu'un père aspire ? »
RAC.: « Il m'a plu sans peut-être
RAC.: « N'aspirant qu'à troubler le repos où nous sommes »
RAC.: « Il n'a plus aspiré qu'à s'ouvrir des chemins.... »
RAC.: « Et je ne puis songer Que Troie en cet état aspire à se venger »
BOSSUET: « Sortez du temps et du changement, aspirez à l'éternité »
On l'a aussi construit avec de.
PASC.: « Elle n'aspire encore d'y arriver que par des moyens qui viennent de Dieu même »
SYNONYME
ASPIRER à, PRÉTENDRE à. La différence entre ces deux mots, c'est que
HISTORIQUE
XIIème siècle
BENOÎT: « Teu (telle) parole unt le duc nonciée, Si cum Deus les out aspirez [inspirés] »
XIVème siècle
Ménag. II, 5: Aspirer la fumée de l'eaue
XVème siècle
BASSELIN: « L'oeil regarde où le cueur aspire »
XVIème siècle
CALV.: « Ils veulent, ils aspirent, ils s'efforcent : mais rien en telle perfection qu'il appartient »
MONT.: « Chascun aspire si naturellement à la liberté et auctorité, que.... »
AMYOT: « L'eloquence et la louange de bien dire estoit des jà le but ordinaire, auquel aspiroient et taschoient de parvenir tous les jeunes hommes romains »
PARÉ: « Tel lieu est continuellement aspiré et eventilé de la frigidité de l'air qui nous environne »
PALSGR.: « Il a aspiré cest office ung long temps »
CARL.: « Nul aultre n'y pouvoit
ÉTYMOLOGIE
Provenç. et espagn. aspirar ; ital. aspirare ; du latin aspirare, de a pour ad (voy. à), et spirare, souffler (voy. ESPRIT). Comme la prononciation d'une lettre aspirée et, au reste, de toute autre lettre, se fait non dans l'aspiration mais dans l'expiration, on a dit que
SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE ASPIRER. - HIST.
XIVème siècle Ajoutez :
BERCHEURE: « Et que maintenant n'osoient il [les plébéiens] non pas encore
1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française
| Verbe |
Attirer l'air extérieur dans ses poumons. Il est opposé à "Expirer," verbe actif. "Aspirer une grande quantité d'air. On suce en aspirant avec plus ou moins de force."
Il se dit, par extension, De l'action par laquelle une pompe aspirante attire, élève l'eau en faisant le vide. "Le tuyau de cette pompe aspire l'eau avec beaucoup de force."
2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
en termes de Grammaire, Prononcer plus ou moins fortement de la gorge. "Il y a de certains mots dans la langue où il faut
3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
s'emploie aussi comme neutre, avec la préposition "à," et signifie figurément, Prétendre à quelque chose, désirer vivement quelque chose. "Aspirer aux honneurs. Aspirer à un emploi, à une dignité, au commandement. Il aspirait au pouvoir. Aspirer au trône. Aspirer au ciel. Il aspire à se distinguer dans son état. Il n'aspire qu'à vous plaire. Je n'aspire qu'à vivre tranquillement."
1ère ancienne définition de 1798 (Académie Française)
| Verbe |
Attirer l'air avec la bouche. Il est opposé à "Expirer," suivi d'un régime.
2ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)
Aspirer, en termes de Grammaire, signifie, Prononcer de la gorge, ensorte que la prononciation soit fortement marquée. "Il y a de certains mots dans la langue où il faut
3ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)
Aspirer, se dit figurém. et signifie, Prétendre à quelque chose, porter ses désirs à quelque chose. "Aspirer aux honneurs. Aspirer à un Emploi, à une Charge. Il aspiroit à l'Empire. Aspirer au Ciel. Il n'aspire qu'à vous plaire. Je n'aspire qu'à vivre tranquillement".
1ère signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)
| Verbe |
Attirer l'air avec la bouche. Il est opposé à "Expirer."
2ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)
en termes de Grammaire, signifie, Prononcer de la gorge, ensorte que la prononciation soit fortement marquée. "Il y a de certains mots dans la langue où il faut
3ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)
se dit figurément, & signifie, Prétendre à quelque chose, porter ses desirs à quelque chose. "Aspirer aux honneurs. Aspirer à un emploi, à une charge. Il aspiroit à l'Empire. Aspirer au Ciel. Il n'aspire qu'à vous plaire. Je n'aspire qu'à vivre tranquillement."
Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)
| Verbe |
a le 1er et le 3e sens d'"Aspiration".
- "Neutre", il signifie. "Prétendre à". '"Aspirer aux" honeurs, "à" une charge. 'Il "aspiroit à" l'Empire. 'N'"aspirer" qu'"à vivre" tranquillement.
"Rem." 1°. Le verbe n'est actif et n'a le régime direct qu'en Gramaire, "
- Il se dit élégamment au figuré. 'Il "aspire aux" plus grandes places. "Aspiration" ne se dit jamais que dans le propre; et par une diversité, qui se rencontre souvent dans toutes les langues, le substantif n'a pas un emploi aussi étendu que le verbe. L'Ab. "Prévot" dit: 'Cette Déclaration... venoit probablement de la modération naturelle du Roi, depuis qu' il n'étoit plus poussé par les violentes "aspirations de" Buckingham. "Hist. des Stuarts". Peut-être est-ce une faute d'impression; et faut-il lire "inspirations"? Ce qui me le persuaderait, c'est qu'"aspiration", mot Anglais, n'a pas ce sens. Peut-être aussi M. "Hume" le lui a-t-il doné.
- "Aspiration", même au propre, ne se dit guère plus qu'en "Gramaire". Il est vieux en "Médecine" même, et chez les "Ascétiques". Les Médecins d'à-présent disent plutôt "inspiration".
- L'"Acad." pourtant, dans la dern. édit., dit encore "aspiration" en ce sens, et en parlant des "pompes aspirantes".
2° Le P. "Barre" (Hist. d'Allem.) dit "
- M. de Saci dit: "
- L'"Acad." dit: "
Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)
| Verbe |
Attirer l'air avec la bouche. Il est opposé à expirer, & n'est guere en usage qu'en Physique.
"Aspirer", Se dit en Grammaire, & signifie, Prononcer en aspirant, ce qui rend la prononciation plus forte. "Il faut
"Aspirer," Se dit figur. & sign. Porter ses desirs à quelque chose, pretendre à quelque chose. "Aspirer aux honneurs.
Emplacement dans le dictionnaire :
| asphyxié asphyxier asphyxique aspic aspirant aspirateur aspiration | aspiratoire aspiré aspirine assa assagir assaillant | assailli assaillir assainir assainissement assaisonné assaisonnement assaisonner |
Quelques citations relatives :
Citation n°1 de Ernest RENAN (Souvenirs d'enfance et de jeunesse)...les dernières confidences que j'échange avec le public, qu'il me permette de le remercier de la façon intelligente et sympathique dont il m'a soutenu. Autrefois toute la faveur à laquelle pouvait aspirer l'homme qui maintenait sa personnalité en dehors des routines établies était d'être toléré. Mon siècle et mon pays ont eu pour moi bien plus d'indulgence. Malgré de sensibles défauts,...
Citation n°2 de Ernest RENAN (L'Avenir de la science)
...première réflexion sérieuse, il faudrait se donner la mort ; il n'y aurait pas de milieu entre l'ivresse, une occupation tyrannique de tous les instants, et le suicide. Vivre de la vie de l'esprit, aspirer l'infini par tous les pores, réaliser le beau, atteindre le parfait, chacun suivant sa mesure, c'est la seule chose nécessaire. Tout le reste est vanité et affliction d'esprit. L'ascétisme chrétien,...
Citation n°3 de Ernest RENAN (L'Avenir de la science)
...le thème est encore nouveau et peut prêter à d'infinies variations, selon le caractère individuel du poète, son siècle ou la nation à laquelle il appartient. Comment sentir la nature, comment aspirer en liberté le parfum des choses, si on ne les voit que dans les formes étroites et moulées d'un système ? Je sentis cela un jour divinement en entrant dans un petit bois. Une main m'en repoussa,...
Citation n°4 de CHÊNEDOLLÉ (Journal de Chênedollé (1803-1833) : extraits)
...détruire pièce à pièce tout cet édifice de félicité. Il a fallu voir les événements les plus cruels déchirer et emporter chacun un lambeau du coeur, et aujourd'hui, la seule chose à laquelle j'ose aspirer, c'est un peu de calme à une agitation diminuée, et pourrai-je le trouver ? Les malheurs les plus exaltés se terminent à une peine adoucie.) 29 brumaire : (l'or dessèche le coeur et éteint tous les...
Citation n°5 de Armand SULLY PRUDHOMME (La Justice)
...Trop d'hommes sont morts sans la voir, pour qu'un triomphe y soit de mise. Nous prospérons ! Qu'importe aux anciens malheureux, aux hommes nés trop tôt, à qui le sort fut traître, qui n'ont fait qu'aspirer, souffrir et disparaître, dont même les tombeaux aujourd'hui sonnent creux ! Hélas ! Leurs descendants ne peuvent rien pour eux, car nous n'inventons rien qui les fasse renaître. Quand je songe...
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